Histoire
L’histoire que je vais vous raconter aurait pût commencer par un traditionnel:
Il était une fois.
Mais Dode étant Dode, on va tout de même pas décrire sa vie comme un conte de fée, elle serait capable de nous faire un procès.
Donc même si je pense sincèrement que son début d’existence aurait pût servir de modèle aux contes d’autrefois, je commencerais ce récit par une phrase banale.
Juste une précision toutefois. Ce que je vais vous narrer dans les lignes qui suivront ce message ne devra pas être autodétruit dans les 5... 4... 3... 2... Et patata et patata mais abstenez-vous d’aller le raconter sur les toits. Je suis peut-être un personnage dit « omniscient » mais je ne suis pas immortel alors un peu de bon cœur braves gens !
La naissance de Dode Zigeneur n’eut pas lieu dans un hôpital comme elle se plait à le raconter d’un air nonchalant mais dans un manoir, près de la forêt noire en Allemagne. Et son nom à l’époque n’était certainement pas Dode mais Marilyn. Marilyn Van Brahm pour être exact.
Son père et sa mère étaient des nobles qui avaient sût conserver malgré les changements de régime leur titre de Duc et Duchesse de Brahm. Ils étaient très respectés dans les environs et les quelques familles qui possédaient encore leur titre de Nobles avaient plaisir à les inviter lors de soirées mondaines car ils étaient agréables et sympathiques, même avec les personnes qui n’étaient pas du milieu.
Mais malheureusement, ces parents-là décidèrent d’élever leur chère infante dans la tradition familiale, c’est-à-dire en suivant l’éthique et le Code pour jeunes filles de bonne famille.
C’est-à-dire: De la culture mais pas trop, savoir coudre et bien entendu le mariage.
Ses parents furent aussi enchantés de découvrir qu’elle avait un Don certain en musique (Hein mutante ? Mais non bien sûr que non ! Elle est juste TRES douée) lui firent prendre des cours de piano avancé ou elle excella.
Dode/Marilyn qui n’était encore qu’une enfant et ne comprenait pas trop le monde qui l’entourait se laissa faire jusqu’à ses 6 ans. Non non, ne cherchez donc pas les photos d’avant cette époque qui la montre souriant docilement, deux couettes d’un brun profond et d’une longueur assez exceptionnelle chez une enfant de cet âge, et surtout en ROBE à FLEURS généralement de couleurs PASTELS pour ne pas dire ROSE ont été soigneusement brûlés. Non non vous dis-je, ne vous obstinez point, le même sort s’est acharné sur les négatifs, vous ne trouverez rien.
Donc Marilyn grandit avec l’insouciance des enfants de son âge jusqu’à ses 6 ans.
[Bruit d’éclairs et de Tonnerre qui frappe un petit manoir proche de la Forêt Noire en Allemagne]
Un beau matin, après avoir réfléchit la veille au soir sur le dérangement causé par les vêtements que lui faisait porter sa très chère mère, Marilyn décida de rester nue tant qu’elle n’aurait pas des vêtements plus confortables où elle ne sentait pas un courant d’air entre ses jambes… autrement formulé, des pantalons.
Crise cardiaque de la mère.
Mais non ma fille tu ne peux pas, les pantalons sont pour les hommes. Maman n’est pas belle dans ses robes ? Si et bien Marilyn est tout aussi jolie dans cette merveilleuse robe rose avec des roses, allez allez cela te passera !
Mais cela ne passa pas et la petite fille refusa obstinément de mettre des robes. Crises de larmes, tapes, menaces de suicide, rien n’y fit et l’ont fut obligé d’aller chercher le palefrenier pour saisir les vêtements de son petit garçon pour éviter qu’à la prochaine réception Marilyn ne fasse un strip-tease complet (Enfin chéri, tu sais bien que le Baron Vanderbürg l’a toujours regardé avec un je-ne-sais-quoi de dérangeant… oui oui je sais qu’il est marié mais tout de même, une enfant de 6 ans nue devant lui…).
Après les pantalons, se furent les cours de maintien que Marilyn bouda obstinément. Son allure se fit plus garçonnière tandis que les années passaient, au grand dam de ses parents qui ne pensaient pas faire son entrée dans le monde tant qu’elle se trimballerait en tenue de vaurien, les mains dans les poches et sifflant comme le fils du palefrenier avec lequel elle s’entendait superbement.
Son père l’a menaça de l’envoyer au couvent dès ses 11 ans si elle continuait ses caprices mais elle eut un sourire en coin en répliquant que ce n’était pas si mal après tout de n’être qu’entouré de fille. Le Duc Van Brahm ne comprit pas l’allusion, les œillères trop en place, et lança alors que puisqu’elle le prenait ainsi, il s’occuperait lui-même de son inscription au couvent St Hélène dirigé par des nonnes françaises. Au moins, lui dit-il d’un ton cinglant, tu apprendras une langue étrangère.
L’enfant de 10 songea aussitôt qu’en effet elle apprendrait bien quelques cours de langue, notamment le french Kiss dont son ami Franz lui avait vanté les mérites.
Ainsi, deux mois plus tard, alors qu’elle venait de fêter son anniversaire, elle salua sa grande famille d’un signe de la main ostentatoire (Chéri, quelle est la signification du majeur en l’air, les autres doigts repliés ? Ah… Et bien Au revoir aussi ma chérie !) et sauta dans la calèche qui l’amena, après un long voyage, au couvent qui était placé proche de Berlin.
Je ne vous décris pas le regard des passants en voyant une calèche de l’ancienne époque dont les portières portaient les armoiries de la famille Van Brahm. Surtout quand ce fut une… un… quelqu’un qui en sortit vêtu d’un pantalon cintré, d’une chemise déboutonnée au col et d’un veston sombre, les cheveux en queue de cheval, une casquette sur la tête.
Un dandy d’une autre époque certainement qui avait attiré on-ne-savait-trop-comment dans le monde moderne… Enfin.
Le couvent (Et oui, il en existera toujours, même si maintenant on appelle ça des « collèges privés ») accueillis donc Marilyn Van Brahm qui dut choisir une nouvelle identité pour ne pas que l’affaire s’ébruite trop. Pour faire plaisir aux nonnes, elle choisit Dode (La douxième en Grec, mais elle n’a jamais voulu expliquer trop clairement les raisons pour lesquelles elle avait choisit ce prénom… sombre référence aux 12 travaux d’Hercule peut-être) et pour illustrer son envie de liberté assaisonnée de musique et de danse Zigeneur (Tzigane en Allemand).
Marilyn disparue donc ce jour-là.
Le couvent s’avéra alors une école de la vie des plus ingénieuses, non pas pour ses cours de français, latin, mathématiques, lecture et couture (Non mais sérieux on est obligé de porter cette chose immonde qui est censé être habit traditionnel ? On est en 1997 quand même ne faut pas déc… Ouais ouais mon langage je sais…) mais surtout pour les soirées, les lumières éteintes où Dode découvrit les joies d’écouter les murmures et soupirs provenant des lits de ses consoeurs.
Ces dernières étant plus ou moins adepte de la caresse pour calmer des ardeurs adolescents sommes toutes normal (Ben ouais, même les nonnes le faisaient alors….), Dode se proposa aimablement comme professeur d’un autre genre de sensation. Après tout, Franz et elle avaient bien expérimenté l’échange de caresses (Avec plus de succès pour lui cela va sans dire) alors pourquoi ne pas mettre cela en œuvre pour aider ses nouvelles « amies » …
Les jeunes filles partageant sa chambrée furent ravies de la proposition et Dode s’évertua à leur faire plaisir, même s’il y eut au départ quelques moments de gênes.
Âgée alors de 13 ans, elle se rendit soudain compte de son attirance pour les jeunes filles.
Franz n’ayant été qu’un ami d’enfance, elle garda de ses années de couvent ses premières ébauches d’expériences sexuelles (Moins ratées que l’on pourrait le croire) ainsi qu’un premier amour en la personne d’une senior de 2 ans son aînées d’origine anglaise: Janis.
Les deux jeunes filles se plurent immédiatement après une dispute soignée au sein de la cafétéria où les nonnes, trop stupéfaites par leurs envolées lyriques d’insultes, n’avaient pût les corriger, elles firent plus ample connaissance le soir même. Deux semaines plus tard: un premier baiser.
Le soir, elles firent l’amour dans une salle déserte après l’heure du couvre-feu, ne souhaitant pas déranger leurs colocataires.
Puis Janis avoua à Dode qu’elle possédait un Don.
Dode fronça les sourcils et l’écouta attentivement.
Janis pouvait lire les émotions des gens.
Dode ne comprit pas d’où venait le problème jusqu’à ce que la jeune fille la mit au courant des modifications génétiques qui frappaient certaines jeunes filles….
Etonné, Dode lui parla de son Don en musique, le lui prouva et découvrit une autre facette de son existence dont elle n’avait jusqu’à pas eu conscience.
Janis l’informa alors qu’un pensionnat pour jeune fille avait été crée pour celles qui possédaient ce genre de pouvoir et que d’ailleurs, après son diplôme, son père pensait l’envoyer là-bas.
Dode ne dit rien et hocha simplement la tête.
Elles ne se quittèrent plus, restant scotchées ensemble, surtout à la bibliothèque du couvent où elles s’abreuvèrent de poésie divers. Dode entraîna son talent et commença à composer des poèmes sonnant comme des chants de révolution, jouant du piano dans une salle déserte. Janis lisait et lui donnait son avis.
La brune et la blonde se complétaient et tout aurait pût continuer ainsi si les 18 ans de Janis n’avaient sonnés comme un glas aux oreilles de Dode, marquant la fin des études de sa fiancée. Cette dernière, comme elle l’avait dit, partait dans cette étrange Académie.
Pas de larmes, rien, Dode resta fière et lui fit à peine un vague signe de la main pour lui dire au revoir. Le cœur brisé, Janis s’en fut en la traitant de « Pauvre libertine sexuellement retardée ».
Haussant vaguement une épaule, Dode continua ses propres études sans plus se soucier des sollicitations de ses « amies » qui souhaitaient la « consoler » à leur manière. Dode avait en effet en grandissant de plus en plus de succès. Une attaque sévère de poux l’avait contraint à raser ses cheveux (Non mais je te jure, des poux au XX ème siècle, on se fout de qui ????) et son allure de garçon que seuls détrompaient sa faible poitrine qu’elle bandait et son sexe de fille lui attiraient des regards flatteurs et chargés d’envie de la part des jeunes filles du couvent.
Deux ans passèrent dans la débauche la plus pure avant qu’elle n’ait son diplôme. Un beau matin, ses affaires enfermées dans un sac de voyage à ses pieds, elle vit arriver la calèche qui l’avait déposé 7 ans plus tôt. Et pour tout vous dire, elle avait rechigné à monter… après tout revoir une famille de noble vivant à l’ancienne époque qui n’avait de lien avec elle que leur sang et les titres de père et mère ne l’enchantait guère.
Sa famille faillit s’évanouir en la voyant arriver et son père la salua du bout des lèvres en l’informant qu’un banquet serait tenu le soir même avec des « amis » du voisinage pour fêter son arrivée.
Dode arracha la banderole: Bienvenue à la maison Marilyn ! Puis elle les informa poliment de son changement d’identité… pour plus de précaution vous comprenez, il ne fallait tout de même qu’elle vous fiche la honte en pleine soirée.
Le banquet du soir fut un désastre total quand Dode découvrit la tête du fiancé que ses parents lui avaient choisis. Soupirant à fendre l’âme, elle remercia la pauvre âme qui tentait de la séduire en lui murmurant qu’il n’avait pas assez de poitrine à son goût (Le pauvre garçon comprit qu’elle n’aimait que les personnes assez fortes, ce qui fut salué par un grand éclat de rire et des « Il est pas mal lui, p’tin, je me demande où vous l’avez cherché… ») et retourna en traînant des pieds dans sa chambre.
Mais cela ne découragea pas ses parents qui organisèrent les fiançailles le mois suivant. Furieuse de tout cela, Dode décida enfin de se rebeller un peu et prépara avant le soir maudit ses affaires. Elle mit dans la confidence Franz qui salua ce brusque désir d’évasion par un petit sourire en coin et arriva à l’église pour officialiser les fiançailles en robe de dentelles blanche… et boots en cuir et métal.
Elle informa l‘assemblée, repoussant d’un vague de la main le prêtre médusé, du fait qu’elle était lesbienne, que le pauvre garçon aurait bien besoin de prendre des cours d’élocution ainsi que de musculation avant de se présenter devant une autre damoiselle bien élevée pour qu’elle ne subisse pas un calvaire, déclara avec sa gentillesse habituelle qu’on était au XX ème siècle et que vivre comme des nobles conformistes et étiquetés c’était un peu lourd à la fin, puis après un dernier salut (Oh chéri ! Elle nous dit encore au revoir avec son signe bizarre) s’enfuit en courant de l’Église tout en éclatant de rire.
Elle grimpa à toute vitesse dans le fiacre, conduit par Franz qui venait de mettre ses affaires dans la cabine et pensa avec délectation à Berlin. En arrivant, elle invita gracieusement Franz à l’accompagner dans sa fugue mais ce dernier refusa poliment, rétorquant qu’une fugueuse s’était déjà bien, que ses parents ne penseraient pas ainsi à une simple fuite d’amoureux et que son père qui se faisait vieux avait encore besoin de lui au manoir.
Avec regrets elle le laissa partir, se disant que si elle avait été hétérosexuelle, nul doute que le Franz ne serait plus puceau depuis longtemps.
Puis elle prit son bagage, alla s’acheter de quoi manger avec la bourse qu’elle avait gardé depuis son enfance, comptant ses étrennes du nouvel an, flasha sur un synthé apperçut dans une boutique de musique, l'acheta, puis prit un train pour l’Académie YuriWorld placée sur une petite île où elle pourrait enfin faire ce qu’elle voulait.
Sa seule pensée depuis qu’elle avait quitté son château avait été de retrouver Janis.
Et ce fut ainsi qu’elle arriva au pensionnat pour jeunes filles, une étincelle déterminée dans le regard et un sourire un peu canaille aux lèvres.
Voilà, Il était une fois est terminé et j’espère que vous avez prit plaisir à lire tout cela. Maintenant s’il vous plaît, je tiens à ce que vous gardiez le secret sur tout cela ! Je ne vous ai rien dis et vous ne m’avez jamais vu, ok ? C’est quoi ce sourire en coin ???